Le représentant Mike Turner, républicain de l'Ohio, a appelé dimanche à une enquête du Congrès sur le ralentissement de l'accès de l'Ukraine à une version militaire du réseau satellitaire Starlink d'Elon Musk, estimant que l'explication fournie par le secrétaire d'État Marco Rubio était insuffisante.1,3,4
Le service en question, Starshield, est une version de Starlink de qualité militaire, lancée en 2022 et fournie au gouvernement américain. SpaceX affirme qu'il est principalement utilisé par les agences de défense américaines et par d'autres « partenaires gouvernementaux ». Le président ukrainien Volodymyr Zelensky (Zelenskyy) a déclaré samedi que les satellites ne suivent pas les antennes d'objets volants se déplaçant à plus de 161 kilomètres par heure, une limite qui touche les drones ukrainiens utilisés contre les drones russes à réaction et lors des attaques ukrainiennes de moyenne portée. La perturbation survient alors que l'Ukraine tente de contenir les forces russes dans une guerre qui dure depuis près de cinq ans.4,5,6
Turner s'est exprimé dans l'émission « Face the Nation with Margaret Brennan » de CBS News. Interrogé sur la question de savoir si la déclaration de Rubio selon laquelle le ralentissement « s'est en quelque sorte produit » constituait une explication suffisante, Turner a répondu : « Absolument pas. Je veux dire, il faut une enquête. Il faut une enquête du Congrès. » The Daily Caller décrit Turner comme siégeant à la commission des forces armées de la Chambre des représentants (House Armed Services Committee), tandis que CBS News le présente comme membre de la commission des forces armées du Sénat (Senate Armed Services Committee).3,4
Turner a déclaré que des armes, des financements et des renseignements destinés à l'Ukraine avaient déjà été interrompus par le passé, et qu'il était apparu ensuite que « des personnes non identifiées au Pentagone (Pentagon) le font peut-être ». « Nous devons découvrir qui sont ces personnes, parce que des vies sont en danger et que des vies sont perdues à cause de ces choses », a-t-il dit. Il a également indiqué qu'une décision avait été prise de permettre à l'Ukraine d'utiliser Starshield, la version du réseau contrôlée par le gouvernement américain, pour se défendre, et que « il devrait y avoir une enquête sur les raisons de cela, et le service devrait être entièrement rétabli ».4
Turner a cité des rapports de l'Institut pour l'étude de la guerre (Institute for the Study of War) ainsi que de Zelensky, selon lesquels le service est « instable », rétabli dans certaines régions et pas dans d'autres. « Cela est essentiel au soutien des États-Unis à l'Ukraine pour défendre celle-ci contre de réelles attaques agressives de la Russie à l'intérieur de l'Ukraine, et cela doit être rétabli », a-t-il déclaré. Brennan a rappelé qu'Elon Musk, propriétaire de SpaceX, s'était publiquement opposé à Zelensky et avait affirmé ne pas vouloir que Starlink soit utilisé pour des opérations militaires offensives. Turner a répondu : « Il s'agit de défendre l'Ukraine contre une agression à l'intérieur de l'Ukraine. »4
Rubio a déclaré samedi que « Starlink est un produit commercial », tandis que Starshield « est un produit de défense, un produit militaire ». Il a affirmé que l'Ukraine avait demandé l'accès à Starshield pour mener des frappes en profondeur à l'intérieur de la Russie, que « ils n'y ont pas accès pour le moment », et que cette demande était « en cours d'examen ». Rubio a également déclaré que « personne n'a ordonné de ralentir cette vitesse de Starlink. Cela s'est en quelque sorte produit. Mais d'après ce que je comprends, elle a été rétablie ».5,4,3
À la base interarmées Andrews (Joint Base Andrews), Rubio a rejeté la suggestion de Zelensky selon laquelle la perturbation était délibérée. « Eh bien, je ne sais pas ce qu'a dit Zelensky. Je ne suis pas certain que Zelensky sache de quoi il parle, mais ce n'était pas délibéré. Nous n'avons rien à voir avec cela », a déclaré Rubio. Il a ajouté : « Personne à la Maison-Blanche (White House) n'a ordonné à qui que ce soit de ralentir Internet ou la vitesse afin que certains drones ne puissent pas l'utiliser », et a qualifié ces informations de « catégoriquement fausses ».5
Un responsable de la Maison-Blanche a déclaré à Axios : « Nous n'avons pas du tout ralenti Starlink, et le service est actuellement opérationnel. » Des responsables ukrainiens ont indiqué à Axios que le réseau, qui fonctionnait autrefois avec des drones volant à 400 kilomètres par heure, s'arrête désormais à 161 kilomètres par heure. Zelensky a déclaré samedi que l'utilisation du réseau par l'Ukraine reste partiellement restreinte.4
The Wall Street Journal rapporte, en citant des responsables américains, que Musk a choisi de plafonner la vitesse de l'internet par satellite le 14 octobre, sans consulter la Maison-Blanche. Le journal ajoute qu'une autre source au fait du dossier affirme que Musk a consulté de hauts responsables de l'administration et le président Trump avant de le faire. Selon ce plafond, les objets volant à plus de 100 miles par heure ne pouvaient pas se connecter à Starshield. Dans un message publié le 14 octobre sur X, Musk a écrit : « Les systèmes Starshield sont détenus et contrôlés par le gouvernement américain. Toute limite de vitesse ou d'utilisation est décidée par l'armée américaine et, en dernier ressort, par le POTUS. » Reuters et The Telegraph ne s'accordaient pas sur la question de savoir si Musk ou la Maison-Blanche était en définitive responsable.6
Trump a déclaré aux journalistes, en quittant la Maison-Blanche vendredi : « Je n'ai pas fait cela. Non, nous n'avons rien fait de tel. » Un responsable de l'administration a déclaré au New York Post : « Il s'agissait d'une initiative personnelle du Pentagone, et ce n'est pas la première fois que cela arrive avec l'Ukraine. » Zelensky a déclaré : « Le message venait du gouvernement », ajoutant : « Je ne sais pas de qui il venait, de quel cabinet, et cetera. » Rubio a affirmé que les interruptions des 13 et 18 étaient « une question technique », et a qualifié de « scandaleuse » et d'« outrageante » l'affirmation d'un responsable ukrainien selon laquelle des gens mouraient parce que les États-Unis refusaient de fournir des informations. Le Post datait le plafonnement imposé par Musk au 14 octobre, alors que Rubio évoquait les 13 et 18.6
La perturbation survient alors que Trump fait face aux critiques des démocrates comme des républicains concernant sa décision de suspendre les sanctions contre la Russie et contre les pays qui achètent son pétrole et son gaz, quelques jours avant l'entrée en vigueur des restrictions prévues par une loi qu'il avait signée le mois dernier. Trump a signé vendredi un décret suspendant les sanctions et les droits de douane russes prévus par la loi Lindsey O. Graham Sanctioning Russia and Iran Act of 2026. Turner a affirmé que Trump a le pouvoir d'imposer les sanctions suspendues et que « je l'encouragerais à le faire ».4,5
Turner affronte la démocrate Kristina Knickerbocker, infirmière praticienne et ancienne combattante de l'US Air Force, lors de l'élection de novembre. Le Cook Political Report, organisme non partisan, classe la course « Lean R ». Les reportages ne précisent pas si une commission du Congrès a accepté d'ouvrir l'enquête demandée par Turner, ni quand l'accès de l'Ukraine à Starshield sera entièrement rétabli.4